On entend beaucoup parler de HPI, de zèbres, de surdoués… Des termes qui évoquent souvent l’image d’un premier de la classe qui réussit tout sans effort. La réalité, comme toujours, est un peu plus complexe et nuancée. Et si l’un des signes les plus révélateurs se cachait… dans votre chambre à coucher ? Loin des clichés, être à haut potentiel intellectuel, c’est souvent avoir un cerveau qui tourne à plein régime, surtout quand il est temps de dormir.
C’est quoi être hpi, au fond ?
Alors, mettons les choses au clair. Être HPI, ce n’est pas juste être « très intelligent ». Officiellement, on parle d’un quotient intellectuel (QI) supérieur à 130. Mais ce chiffre ne dit pas tout. Loin de là. C’est avant tout un mode de fonctionnement différent. Une manière de penser, de ressentir les choses, qui sort un peu de la norme. On parle souvent de pensée en arborescence : une idée en amène dix autres, qui elles-mêmes se ramifient. Vous voyez le tableau ? C’est comme avoir 50 onglets ouverts en permanence dans son navigateur interne.
Cette effervescence mentale s’accompagne souvent d’une hypersensibilité, d’un sens aigu de la justice et d’une curiosité insatiable. Les personnes concernées, que l’on surnomme parfois les zèbres, peuvent se sentir en décalage, comme si elles ne lisaient pas la même notice que les autres. Et cette particularité a des conséquences très concrètes sur le quotidien. À commencer par les nuits.
La nuit, le cerveau des zèbres ne dort jamais vraiment
Vous est-il déjà arrivé de vous coucher, épuisé par votre journée, pour finalement passer des heures à refaire le monde dans votre tête ? Analyser en détail une conversation, anticiper les tâches du lendemain, construire des scénarios improbables… Si oui, vous avez un aperçu du quotidien nocturne d’une personne HPI. Le bouton « off » semble tout simplement ne pas exister. Ce n’est pas une simple impression, c’est un fait neurologique.
Des études ont montré que le schéma de sommeil des HPI est un peu particulier. Leurs cycles sont souvent plus courts mais plus nombreux. Le sommeil paradoxal, celui des rêves, arrive plus vite et prend plus de place, notamment en fin de nuit. En clair, même endormi, le cerveau carbure encore.
Des rêves dignes d’un film de nolan
Conséquence directe de cette activité intense : les rêves sont souvent d’une richesse et d’une complexité folles. Ce ne sont pas juste des petites histoires floues, mais de véritables scénarios, très vivaces, où les émotions et les événements de la journée sont digérés et analysés à la puissance mille. Parfois, c’est fascinant. D’autres fois, c’est juste… épuisant. On se réveille avec la sensation d’avoir couru un marathon mental. Ça me rappelle cette fois où j’ai rêvé de toute l’architecture d’un projet web après une journée de travail un peu trop chargée. Disons que le réveil a été sportif.
Lire pour calmer la machine
Face à ce tumulte intérieur, beaucoup développent des stratégies pour tenter d’apaiser la bête. L’une des plus courantes est la lecture. Se plonger dans un livre avant de dormir permet de canaliser ce flot de pensées vers une seule histoire, une seule trame. C’est une sorte de leurre pour le cerveau, une façon de lui dire : « regarde par là, ne pars pas dans tous les sens ». Une technique de survie pour espérer trouver un peu de calme avant de sombrer dans un sommeil qui, on l’a vu, est tout sauf de tout repos.
Alors, on fait comment pour trouver le sommeil ?
Si vous vous reconnaissez dans ce portrait, ne baissez pas les bras. Il n’y a pas de solution miracle, mais des pistes existent pour améliorer la qualité de vos nuits. L’idée est d’instaurer des rituels qui signalent à votre corps et à votre esprit qu’il est temps de ralentir. Voici quelques habitudes qui peuvent faire une vraie différence :
- La respiration contrôlée : Des exercices simples, comme la cohérence cardiaque (inspirer 5 secondes, expirer 5 secondes), peuvent aider à calmer le système nerveux.
- Les étirements doux : Quelques mouvements lents pour dénouer les tensions accumulées dans la journée. Pas besoin d’une séance de sport complète, juste de quoi se détendre.
- Couper les écrans : On le dit tout le temps, mais la lumière bleue est vraiment l’ennemie du sommeil. Surtout pour un cerveau déjà enclin à la surstimulation.
- Le « dépotoir à pensées » : Garder un carnet près du lit pour y noter tout ce qui vous passe par la tête. Une fois sur le papier, les pensées semblent moins envahissantes.
Vivre avec un haut potentiel intellectuel, c’est apprendre à composer avec un moteur de Formule 1. Il peut vous emmener très loin, mais il demande aussi un peu plus d’entretien et de doigté pour ne pas finir dans le décor. Apprivoiser ses nuits, c’est une bonne première étape pour mieux vivre avec ce cerveau bouillonnant, de jour comme de nuit.